J'écoute : Java, Pink Martini, et bientôt tous mes vieux 33 tours...
Je regarde : les beaux garçons
Je lis : Je relis
Je joue : au bilboquet
Je mange : pas assez
Je bois : trop
Je cite : les graffitis dans les chiottes du bar de mon frère à Phnom Penh
Je pense : au Cambodge, à l'Afrique, aux voyages.
Je rêve : il y en a trop...
(mis à jour lundi 26 mars 2007 à 03:36)

31/05/2007

31/05/07 - 16:49

Le battre-coeur des garçons




Les piixyz de Luc-Olivier



Sur quelle route on va, par quel chemin, en sortant de chez soi puis du métro, en rentrant du boulot puis de son passé, vers quel avenir tout tracé, en passant par quelles portes donnant sur quelles pièces ?

Sur une pièce au hasard, qu’on pourrait Nommer X, un rez-de-chaussée par exemple, qui n’est qu’un début. Là il y a un fauteuil, sans époque. Usé, défoncé presque. On s’y assoit. On peut être servi. Un café, une vodka, un jus de fruit, un thé ? Il y a un cendrier aussi, une voix très douce, des attentions, des intentions…

Des idées s’élargissent, des timides s’assument, des fantasmes se révèlent, des douceurs s’exaltent, des vieux démons ont des drôles de grimaces, des angélismes se cassent les dents et se voient pousser des zèles : des vieux relents refont surfaces, des nouvelles idées s’inventent.

Luc-Olivier est là. Il met à l’aise… On peut s’arrêter, ou décider de continuer, de passer au premier sous-sol, l’invitation n’est pas sans arrière-pensées…

En-bas il Y a le cœur qui bat sous l’impulse des coups. On étouffe ce qu’il faut pour respirer à nouveau. Pour se réveiller comme après un rêve, un cauchemar. Pour revenir, en noir et blanc car ce sont Les Couleurs. Celle des anges, celle du sang qu’on laisse coaguler, celle des jouissances, du foutre en cascade qui se mélange à la cire fondue, celle de la part d’ombre qui est en chacun de nous et qui apparaît ici à la lumière. Des corps mais pas de décors, pas de subterfuges, pas de mensonges. Car la Vérité est plus importante que la beauté, plus belle surtout ; sur tous ceux qui acceptent de s’y plonger en apnée, qui acceptent de prendre le risque de se noyer, de se brûler les ailes…

Mais n’est pas Icare qui veut…

Vient la recherche de l’Absolu. Descendre au fondoc de Soi, par les escaliers de la conscience qui mènent au Z… Job lui-même fleurissait dans la fange! Il s’agit d’aller dans ses derniers retranchements, d’opérer une transsubstantiation : les larmes qui coulent sont une Joie et le corps qui souffre est le pain nourricier des désirs avoués et assumés. Luc-Olivier ne fait pas que photographier, il sait créer l’Instant qui transforme, et le voler au Temps, juste à temps…

La jouissance est malmenée, mais pas mal menée, à terme. Les enchères sont lancées comme un défi aux chairs, à des corps border-line mais la ligne à suivre est claire et éclaire : Il s’agit du théâtre de la cruauté, de Son Double, au sens qu’Artaud lui donnait : Un théâtre vivant, sans faux- semblants, sans faux-sanglants. Des entrelacs d’entrejambes, des labyrinthes d’étreintes, des triques étriquées dans des chaînes cadenassées. Des supplices et des sévices, des délices jusqu’au calice, un Bonheur à boire jusqu’à la lie, jusqu’à ce que sonne l’hallali, un jet de Vie sur un torse, un ventre, un cul encordés. Dans la chambre noire le flash achève un chantre en extase : l’instant est religieux, une tension retombe d’aussi loin qu’elle était montée, un sourire sans pareil apparaît à nouveau, venu d’ailleurs.

Car au final, qu’on se soit arrêté au X, qu’on se soit Retrouvé dans l’Y ou qu’on ai ressuscité à la fin du Z, on est allé là où il fallait, non par narcissisme mais par courage, par naïveté, par peur, en confiance, par défiance, jusqu’au Sourire qui vient après les larmes, jusqu’à la délivrance qui suit les Alarmes, et sur le papier glacé n’apparaît pas une simple image de Soi mais une autopsie de Sa Vie, de Ses apparences dénuées des appâts rances que sont la fatuité, le regard des autres, la facilité, la masturbation de son image. Car au final on a touché à l’Essentiel : Sa Vérité, éternisé sous l’objectif-subjectif d’un alchimiste des ombres...

http://www.lucolivier.com
http://www.piixyz

Merci de continuer à nous enchanter ;-)

( Texte publié dans Préf Mag pour un Port-Folio de Luc-O )

31/05/07 - 10:38

L'un seul, sur fond pâle..



Je suggérais juste d’apprendre à voir au-delà de ce qui était montré …

( Photo de Luc-Olivier )

31/05/07 - 09:42

trop plein.



Tabernacle...

Bander son Esprit est une chose
Jouir d’une image
Une autre.

Il arrive parfois qu’on se laisse déborder
Par le plaisir de vouloir tout donner
Ou par celui de tout recevoir…

( Photo de Noe N'guyen )

30/05/2007

30/05/07 - 15:26

Venin.



Ce n'est pas ma vie qui défilait blanche comme un linceul effiloché, non ce n'était qu'une longue larme d'encre qui écrivait ma mort en prenant son temps, qu'un filet de bave qui posait la question du manuscrit, qui défiait l'indécence des mots. Ce n'était que la cire d'une âme trop noire cherchant à sceller d'un sceau délétère une lettre dénuée de sens. Ce n'était pas ma vie qui se défilait, mais la coulée de lave d'une goutte de ciguë trop tôt avalée, qui m'apprenait enfin à pleurer.

( Photo de Noe N'guyen )

30/05/07 - 10:57

C'est cité.



« DU PLUS GRAND REGRET... Regret de n'avoir pas réalisé la vie pure en soi, d'être infecté de conscience, d'esprit, d'idées et de valeurs ; d'avoir été tourmenté de regret, de désespoirs, d'obsessions et de supplices ; de s'être senti mourir à chaque pas, à chaque rythme et à chaque instant de la vie ; d'avoir été torturé à tout moment par la peur du néant, la pensée de l'inanité et la crainte d'exister.

Regret de n'être pas LA VIE PURE, que la vie ne soit pas un chant, un élan et une vibration qui vous traversent, regret de ne pas être une aspiration pure jusqu'à l'illusion et chaude jusqu'au réconfort, de n'être pas une béatitude, une extase, une mort de lumière.

J'aurais voulu que la vit circulât en moi avec une plénitude insoutenable, qu'elle y dessine ses mouvements anonymes d'avant l'individualisation, désir exclusif de la vie d'être partout, et d'être parallèle à la mort. Cette vie aurait palpité si fort en moi que son essor aurait été irradiation, explosion de rayons lumineux, démence de vibrations. Tout aurait été intégré à ce triomphe de l'être et serait uniquement MUSIQUE, orgie sonore, attachante et enchanteresse jusqu'à l'insupportable. J'aurais pu être irresponsable de la vie qui coulait en moi et c'est par ma voix qu'elle aurait parlé! »

Cioran
Le livre des Leurres

30/05/07 - 10:11

C'est cité.



" When once in whilhood times
I'd aerial laughter my mischief "

" Quand jadis aux temps sauvages
de mon rire j'égrenais mon espièglerie "


Gregory Corso

" Sentiments élégiaques américains. "

29/05/2007

29/05/07 - 16:27

Faites l'amour, pas la guerre.



Coquin de sort! C'est la valses des débridés! Ça tangue haut, part dans tous les sens, s'éparpille sans demi-mesure, s'agite en euphorie! Ça y va à la pousse-toi de là que je m'y mette, sors donc que j'y rentre, ça fulgure en gémissement, braille et brame, gueule et pousse des longues plaintes interminables! Vindieu! Une vraie messe païenne! La partouze du siècle! L'orgie faîte chair, réalisée!

Serais-je dépassé par les événements, vais-je pouvoir arrêter ça un jour depuis tant de nuit que ça dure? On dirait que toutes ces bites sont habités par le Diable lui-même ( Simple avatar de Dieu ) que toutes les queues sont à cueillir, que tous ces culs accueillants et pimpants ont la fringale infinie! Et que ça râle, en redemande, quémande et que les vits chialent, que les âmes lévitent et les sexes se bandent, que les groupes se forment, les bandes se regroupent, qu'on s'explose, se passent les passes ici toujours gratuites!

Quel résultat, quel contentement après tant de mois à organiser ce rassemblement! D'aucun ne parte et toujours d'autres qui arrivent! Les sagouins se sont passé le mot, les bougres ont fait tourner l'info, les petits salopiots appelant les anciens, les anciens en amenant de nouveaux, tout âge, toute nationalité et tout gabarits, toutes pratiques, toutes tailles et toutes couleurs!

Cornegidouille, jamais vu autant de paires de couilles, jamais autant d'orgasmes n'auront sifflé à mes oreilles! Ça se souille à droite, s'enfile à gauche, se monte de haut en bas, les cercles se créent, des sacrés chaînes de chiennes à la queue leu leu dansent un sabbat à faire pâlir les pires pervers!

Ils sont venu de toute la France! Salopes interlopes, jeunes premiers, vieux habitués, catins et hop hop ça s'entremêlent, les majeurs ne sont pas à l'index et les oeillets fleurissent au soleil brûlants des experts sodomites, les branleurs oublient leurs imaginaires et se font emporter par le flux et reflux de cette réalité qui dépasse la fiction.

Que d'orgasmes! Le foutre coule à flot et ici personne ne peut dire fontaine, fontaine jamais je ne boirais de ton sperme! C'est l'inondation! On glisse partout, ça colle et ça suinte, sueur sans peur et sans reproche on se déculotte et se rapproche toujours plus, on s'ôte d'ici pour sauter là, on se roule paloches et se talonne au plus près, on s'immisce au plus profond, on cherche la nuit ultime pour jouir plusieurs jours « d'enfilés » , on pratique l'ablation du temps, on se turlutte entre jeunes putes, se taloche entre pochtrons, se fume entre Marie-Jeanne, se quitte pour mieux se retrouver là où on ne s'attendait pas, entre un sado qui joue au père fouettard et un « connard » qui fait sa lope en se regardant gueuler dans un miroir!

Saperlipopette! J'appelle en renfort un ami de Provence, pour le quatrième jour je n'arrive plus à assurer l'intendance de cette tendancieuse performance! Mon Maître es Logistique vient me sauver la mise en me ramenant, philanthropiquement : Quelques quintaux de dames blanches, des magnums de Jameson, du poppers en caisses de douze, des capotes par centaines, du gel par litres, une gamme de godes en poupées russes, des vidéos, de Prague et d'ailleurs, et toute une panoplie d'accessoires, aussi divers que variés : menottes, chaînes, cockring, bougies parfumées, etc.

Nom de Zeus! J'en entends des vertes et des pas mûres! C'est qu'ils ne sont pas nés de la dernière pluie mes frappa-dingues : « Au nom du Cri, du fist et des seins percés, amène-toi, Ô Cul virginal, Ô plaie infernale viens à Moi, soit le con fessé, que je t'absorbe et que je t'abjure! » Ou encore : « Sus aux mamelons des Las de main et des Bouts teints : Je suis plus libéral et plus parfumé qu'eux avec mes tétons et mes taquins, car oui, malgré eux je continue d'éjaculer de mes burnes loin de leurs urnes, jusqu'au petit matin! » Mais aussi, d'un enrhumé : « Prenez-moi comme s'il en débandait de Saint-Pierre au jour du jugement dernier! » Et caetera caetera : Entre deux orgasmes ça hurle, ça rigole, ironise, ça prend son pied, emmerde la Morale, ça encule le bon-penser en mâle bondant, ça s'agite en bons mots, contrepète et pataphysique, ça se moque entre deux comas éthyliques qui permettent de récupérer, pour mieux recommencer!

Par la barbe mitée de notre bon « Je suce » ! De Nazareth à la « J'ai rut, ça j'aime » l'Histoire ici se délite, inexiste, tout est voué au plaisir, des protagonistes qui s'excitent. Les anges ont la peau douce et les fesses fermes et les diables assument leurs bedaines : Le purgatoire se transfigure en une belle Cène : Treize buveur de vin qui s'alléchent en corps à corps en démultipliant les plaisirs, laissant couler le vin sans fin en se croquant comme du bon pain!

Palsambleu! « Et si Dieu existait, comme le disait Bakounine, camarade Vitamine, il faudrait s'en débarrasser!* » Voilà ce que vient de hurler le jeune Kevin au moment de jouir sur les visages d'Imad et d'Antoine! Quant à Imad, qui s'est crispé au même moment, il s'est contenté d'un « Inch'Allah » qui a résonné jusqu'aux oreilles des soixante-douze vierges – intermittentes du spectacles - engagées pour l'occasion : Un effet bombe!

Serais-je dépassé par les événements? Des anges s'engrangent à la barbe des vieilles gargouilles, des splendeurs forniquent avec d'antédiluviennes horreurs, de machiavéliques gargouilles fomentent des complots envers des paumés tout juste débarqués, des groupuscules violent des fripouilles qui ne demandent que ça ; l'alcool coule à flot, des kyrielles de silhouettes s'amusent dans les miroirs aux alouettes, des couples se déchirent, des arrières-trains passent sous les yeux de vaches épuisées, des collisions d'allusions se perpétuent de regards en invitations, des frôlements insidieux deviennent drôlement vicieux, des larmes de fatigue coulent et des clowns prennent leur envol : Ils rigolent d'un rire de ténèbres en violant un gigolo sous acide qui croit être, veau doux, doigter par Bélial en personne.

Je ne maîtrise plus rien! Au cinquième jour ça vire à l'anarchie! Les sexes sont turgescents! Les culs sont des offrandes à la liesse qui point ne s'affaisse! Les liquides séminaux se font océan! Les participants se démultiplient! Mon hangar est hagard! L'Espace rétréci au fur et à mesure qu'il se rempli! Mon maître es Démence en est lui même tourneboulé! Le concret ne suit plus! Ils arrivent par troupes intenses, par coupes en transes ils débordent les géographies! Ils interfèrent dans l'histoire. De milliers ils passent à millions. Ils soufflent les frontières, écrasent les préjugés, piétinent les constitutions, avortent les règles. Les filles, les femmes s'en mêlent! Ça vire à l'internationale! Les patries baisent! Les drapeaux dégoulinent et se décolorent! Les religieux et les païens, les occidentaux et les orientaux, les démocraties et les dictatures forniquent à la barbe de leurs représentants! Les sexes s'emmêlent les pinceaux! Les cultures copulent! Les civilisations se gueulent des onomatopées d'Amour! Ils râlent de concert, se comprennent dans l'orgasme, puis se caressent, s'embrassent et s'en retournent à leurs facéties, donnant sens à l'utopie sexuelle, dans une orgie de Vie!

Tonnerre de Brest! Il est tant de quitter le Jeu, de fuir ses responsabilités! En douce je m'enquille avec un requin-marteau, je file avec un jeune squale dans un avion direction le Mexique, puis via une tire d'outre-tombe nous rejoignons un bordel tenu par un ex de toute éternité : Un peu de repos à « Tijuana Moods » sur fond de Charlie Mingus, vers d'autres anus au milieu d'autres cactus auxquels se piquer.

Enfin le calme!

Nous décidons, pour clore ces facéties, d'aller, à même la terre manger le Peyotl, loin du stupre avec les Taharumaras, en hommage au Mage Antonin, pour mieux revenir aux sources, en nous innées, pour mieux « En finir avec le jugement de Dieu** » cette vieille carne désincarnée.



FIN

* Léo Ferré

** Antonin Artaud

Version définitive du texte publié dans le prochain N° de Préf Mag.

29/05/07 - 15:20

Cul de sac!

Ou plutôt, voie sans issue ;-)

29/05/07 - 15:11

Impromptu mythologique.



Ganesha, âme emmenée se démène
Dans la vieille pierre de l'âme ancienne
Au-côté d'un Garuda aux ailes de bois
Prenant son envol dans des rêves d'au-delà.

Bouddha à dos de tortue s'en va sans efforts
Parés de sept gueules de Naga tout en Or
Rejoindre Vishnu se reposant allongé
Sur un lit de Linga fixant l'éternité.

Dans un festin de fleur, de lotus et de vin
La vieille dame lance les os du Destin :
On l'appelle la grand-mère des éléphants.

Les Divinités racontent leurs histoires,
Au flapi de sa beauté qui laisse croire
Qu'elle était l'Apsara qui dansait pour les vents.

14/05/2007

14/05/07 - 15:25

Nouvelle version de la Marseillaise ...



Allons parias de la fratrie
Le jour de boire est arrivé
Ô tyrans je vous maudits
Le verre de rouge est levé !
Entendez-vous de votre bagne
Rire les seigneurs de l’état
Ils viennent vous rendre las
S’empiffrer, faire campagne !

Aux armes citoyens
Mouchez votre raison
Dans le P-Q de la Nation,
En larmes, en larmes

Qu’un sens absurde
Abreuve nos déraisons

Que veut cette sorte de larves ?
Ô latrines ! Ô cons jurés !
Pour qui ces politiques bavent
Ce faire vouloir nous écraser ?
Français, pour vous, Ô tournez la page
Ils vous portent à la médiocrité
Moutons ! C’est pour vous ce gibet :
Vous pendre au moderne esclavage.

Quoi ces cohortes délétères !
Feraient la loi pour nos Loyers !
Quoi ! Ces fist de nos propriétaires
Nous le mettre au fond de l’œillet ?!
Ti Dieu ! Petites mains, petits poignets,
Et vous, cons’ sous le joug pliez
De ses branleurs de grosses monnaies
Singes qui dépotent sans sourciller ?

Tremblez, Vatican et vous liberticides,
Incapables, cyniques avides
Tremblez ! Vos sujets, sans votre avis
Vont boucler la boucle de vos vies !
Tout est soldé pour vous abattre
S’ils tombent, nos jeunes alcoolos
« Mauvaise » les ressuscitera, tout beaux
Prés de nous au chaud prés de l’âtre.

Français, en troupeau unanime
Suivez, ou détournez vos cœurs !
Ou enrichissez ses gras menteurs
Sans regret vous suçant l’échine
Mais ces ogres en grasses sueurs
Mais ces complices de Bolloré
Toutes ses hyènes, qui, sang de Vie,
Sucrent l’essentiel pour l’austère

( Suivez-les, votez, chantez,
Il vous apprendront à danser… )

Nous nous sortirons du derrière
De l’aîné lâché pour un jeune cul
Nous y palperons l’arrière
L’innocence est sans vertus.
Bien au-delà de ce qu’ils nomment vivre
Nous bafferons leur Orgueil
Et sur eux fermerons le cercueil,
Vendangeurs de la pensée ivre !

Aux armes citoyens
Mouchez votre raison
Dans le PQ de la Nation
En larmes, en larmes !

Qu’un sens absurde
S’abreuve de déraison !

Amour sacré de la patrie ?
Conduits, égouts, rats de mille peurs !
Liberté, liberté utopie
Eloigne-moi des ces rancoeurs !
Sus aux drapeaux ! Autres miroirs !
Qu’accourent amis et amants
Que les ennemis expirants
Fassent place aux rires des vivants !

09/05/2007

09/05/07 - 18:09

Maxime d'actualitée :-)



Il ne faut prendre les français pour des cons mais il ne faut pas oublier qu'ils le sont.

08/05/2007

08/05/07 - 13:42

Si ce n'était grave ça serait burlesque !

Le cerveau d'un homme de droite.

Le cerveau d’un homme de droite.
Portrait de Nicolas Sarkozy, acte 1.
De Boston (U.S.A.) mardi 3 avril, 16h00 heure locale.

La revue Philosophie magazine m’a demandé si, sur le principe, j’acceptais de rencontrer l’un des candidats à la présidentielles pour le questionner sur son programme culturel, son rapport aux choses de l’esprit ou sa relation à la philosophie. Dans la foulée de mon consentement, la rédaction m’a rappelé en me demandant si j’avais une objection contre Nicolas Sarkozy. Pas plus avec lui qu’avec un autre, j’aurais même consenti à Jean-Marie Le Pen tant l’approche de l’un de ces animaux politiques m’intéressait comme on visite un zoo ou un musée des horreurs dans une faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.
Il me paraît assez probable que son temps passé – donc perdu…- avec Doc Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon travail, même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements généraux et les notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes avaient fait au plus rapide : en l’occurrence la copie de mon blog consacrée à son auguste personne. Pour mémoire, son titre était : Les habits de grand- mère Sarkozy – j’y montrais combien le candidat officiel drapait ses poils de loup dans une capeline républicaine bien inédite …
Je me trouvais donc dans l’antichambre du bureau de la fameuse grand mère Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la rédaction de la revue et d’un photographe qui n’en revenaient pas de se retrouver dans cette géographie de tous les coups fourrés de la République. Epicentre de la stratégie et de la tactique politique policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France représentées en médaillons d’austères sinistres.
Arrivée du Ministre de l’intérieur avec un quart d’heure d’avance, il est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part. Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation. Grand fauve blessé, il a lu mes pages de blog et me toise – bien qu’assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes croisées, l’une d’entre elles est animée d’un incessant mouvement de nervosité, le pied n’arrête pas de bouger. Il tient un cigare fin et long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate, bijoux en or, bracelet d’adolescent au poignet, cadeau de son fils probablement. Plus il en rajoute dans la nervosité, plus j’exhibe mon calme.
Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième, troisième, il n’arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul, débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt phrases autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent et écoutent, impassibles. On les imagine capables d’assister à un interrogatoire musclé arborant le même masque, celui des gens de pouvoir qui observent comment on meurt en direct et ne bronchent pas. Le spectacle des combats de gladiateurs.
Je sens l’air glacial que transportent avec eux ceux qui, d’un geste du pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée interminable. Vacheries lancées comme le jet de fiel d’une bile malade ou comme un venin pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur, sûr de lui en excitant l’adversaire à se battre, il affirme en substance : « Alors, on vient voir le grand démagogue alors qu’on n’est rien du tout et, en plus, on vient se jeter dans la gueule du loup… » !
Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite, morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont on sent qu’il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans parvenir à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d’autre chemin que dans cette série d’aveux de blessure. J’avance une autre phrase. Même traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d’acides. Une troisième. Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute façon démesurée, disproportionnée.
Si l’on veut être Président de la République, si l’on s’y prépare depuis le berceau, si l’on souhaite présider les destinées d’un pays deux fois millénaires et jouer dans la cour des grands fauves de la planète, si l’on se prépare à disposer du feu nucléaire, si l’on s’expose depuis des années en s’invitant tous les jours dans les informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées, numérisées, si l’on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice versa, si l’on aspire à devenir le chef des armées, si l’on doit un jour garantir l’Etat, la Nation, la République, la Constitution, si, si, si, alors comment peut on réagir comme un animal blessé à mort, comme une bête souffrante, alors qu’on a juste à reprocher à son interlocuteur un blog confidentiel peu amène , certes, mais inoffensif ?
Car je n’ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné , que d’avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog , que le candidat aux présidentielles me semblait très récemment et fort fraîchement converti à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la République, que ses citations de Jaurès et Blum apparaissaient fort opportunément dans un trajet d’une trentaine d’années au cours desquelles ces grands noms étaient introuvables dans ses interventions , questions qui, au demeurant, rendaient possible un débat, et que c’était d’ailleurs pour ces raisons que nous étions là, Alexandre Lacroix, Nicolas Truong et moi….
Cette colère ne fut stoppée que par l’incidence d’une sonnerie de téléphone portable qui le fit s’éloigner dans la pièce d’à côté. Tout en se déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très affectueuse, avec des mots doux destinés très probablement à l’un de ses enfants. Le fauve déchaîné tout seul devenait un félin de salon ronronnant de manière domestique. En l‘absence du ministre, je m’ouvre à mes deux comparses en présence des deux siens et leur dit que je ne suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j’envisage de quitter la place séance tenante…
J’étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait entendue, et d’ailleurs plutôt publique, mais ceci n’excluait pas un débat sur le fond que je souhaitais et que j’avais préparé en apportant quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel Mauss sait qu’un don contraint à un contre don et j’attendais quelque chose d’inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes …
Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l’équipe de Philosophie magazine voyant leur scoop s’évaporer dans les vapeurs du bureau propose, dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et que j’offre mes cadeaux… Je refuse en disant que les conditions ne sont pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme, il ne s’agit plus de se faire de cadeaux.
« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d’échanger ? » tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois sujets. La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère incandescente, mais colère tout de même.
Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en vedettes américaines – disons le comme ça…- de son discours d’investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur l’Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine gaullienne, le débat ne prend pas plus . Il m’interpelle : « quelle est ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu’à la France ? ». Donc à lui…
Pas d’échanges, mais une machine performante à récuser les questions pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de fait, la clé du personnage pourrait bien être dans l’affirmation d’autant plus massive de sa subjectivité qu’elle est fragile, incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la faiblesse viscérale et vécue. Aux sommets de la République, autrement dit dans la cage des grands fauves politiques, on ne trouve semble-t-il qu’impuissants sur eux-mêmes et qui, pour cette même raison, aspirent à la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le salon de Néron…
Habilement, les deux compères tâchent de reprendre le cours des choses, d’accéder un peu aux commandes de ce débat qui n’a pas eu lieu et qui, pour l’instant, leur échappe totalement. De fait, l’ensemble de cette première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue…
Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité, donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme, justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les viscères de l’être.
Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur, sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition : de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.
A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge, le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix possible un jour.
Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien : la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité, les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion d’honneur, etc.
J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques, historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : « J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». « Génétiquement » : une position intellectuelle tellement répandue outre-Atlantique !
La génétique, l’inné, contre le social et l’acquis ! Les vieilles lignes de partage entre l’individu responsable de tout, la société de rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout, l’individu de rien, qui constitue la scie musicale de la gauche … Laissons de côté la théorie. Je passe à l’exemple pour mieux tâcher de montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve naturellement les techniques socratiques du lycée pour interpeller, inquiéter et arrêter l’esprit, capter l’attention de mon interlocuteur qui, de fait, semble réellement désireux d’avancer sur ce sujet.
J’argumente : Lui dont chacun sait l’hétérosexualité – elle fut amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré…-, a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se souvient-il du moment où il a essayé l’homosexualité, la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux et d’opter, finalement, et en connaissance de cause, pour l’hétérosexualité ? Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait de l’être…
L’argument le stoppe. Il me semble qu’à partir de ce moment, le candidat aux présidentielles, le ministre de l’intérieur, l’animal politique haut de gamme laisse le pas à l’homme, fragile, inquiet, ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d’un geste qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de l’esprit, à la philosophie, mais finalement trop fragile pour s’accorder le luxe d’une introspection ou se mettre à la tâche socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l’effroyable cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi absurde que la phrase de Socrate « Connais-toi toi-même ». Cet aveu me glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui règne !
Lors de sa parution, j’avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard d’Estaing qui racontait ses crises d’angoisse, ses inhibitions le paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais de confidences faites par tel ami bien informé sur l’état psychique fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le type de traitement psy qu’il suivait à cette époque. Je me rappelais la fin d’un François Mitterrand , entre voyantes et reliques de sainte Thérèse, invocations des forces de l’ esprit , croyance en l’ au-delà et abandon aux médecines de perlimpinpin.
Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa violence, un vide d’homme perdu qui, hors politique, se défie des questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu’il sort de son savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et philosophiques car il appréhende ce qu’elles pourraient lui découvrir de lui qui court tout le temps pour n’avoir pas à s’arrêter sur lui-même.
Les soixante minutes techniquement consenties s’étaient allongées d’une trentaine d’autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient jouaient le sablier. Je trouvais l’heure venue pour offrir mes cadeaux. Au ministre de l’intérieur adepte des solutions disciplinaires : Surveiller et punir de Michel Foucault ; au catholique qui confesse que, de temps en temps, la messe en famille l’apaise : L’Antéchrist de Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive : Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que l’antilibéralisme c’est « l’autre nom du communisme » ( il dit n’avoir pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page…) : Qu’est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de Noël, il déchire avidement. Il ajoute : « j’aime bien les cadeaux ». Puis : « Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors ? »… Comme prévu.
Dans l’entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est tombée. Qui prend l’initiative de dire que la rencontre se termine mieux qu’elle n’a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : « Normal, on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se renifle des bêtes comme ça… ». Je suis sidéré du registre : l’animalité, l’olfaction, l’odorat. Le degré zéro de l’humanité donc. Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des abîmes dont il ne reviendrait pas… Du moins : dont l’homme politique ne reviendrait pas. Ou, disons le autrement : dont l’homme politique reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière lui sa défroque politique pour devenir enfin un homme.
Alors que ses cerbères le prennent presque par la manche, il manifeste le désir de continuer cette conversation, pour le plaisir du débat et de l’échange, afin d’aller plus loin. Tout de go, il me propose de l’accompagner, sans journalistes – il fait un mouvement de bras dans la direction des comparses de Philosophie magazine comme pour signifier leur congé dans un geste qui trahit ce qu’il pense probablement de toute la corporation… Je refuse. Une autre fois ? Les deux amis ont leurs deux paires d’yeux qui clignotent comme des loupiotes…Voyons donc pour plus tard… Dernier mot de Nicolas Sarkozy en forme de lapsus, il est mouvement vers la sortie : « Je suis quand même un drôle de type, non ? Je dois convaincre soixante-cinq millions de français, et je vous dis, là, que je voudrais continuer la conversation ! Hein ? Non ? Il n’y a pas autre chose à faire ? Quand même… ». Soixante-cinq millions c’est le nombre des français à convaincre d’amour, pas celui des électeurs à convaincre de voter…